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Haut conseil de l’éducation artistique et culturelle

Présentation du HCEAC

ORGANISATION

Le haut conseil se réunit régulièrement en séance plénière sur un thème relatif à l’actualité de l’éducation artistique et culturelle et ses débats sont ouverts par une ou plusieurs auditions de personnalités qui peuvent influer sur la place de l’éducation artistique et culturelle.
Il publie chaque année un rapport résumant ces entretiens. Le secrétariat général assure l’organisation des séances et participe au suivi des politiques mises en place.

Les priorités
Mieux articuler théorie, pratique artistique et pratique culturelle

C’est un objectif premier du Haut Conseil. Fort de ces quatre années de débat, il a mis en exergue trois grandes orientations susceptibles d’inspirer une ambition nouvelle pour la politique d’éducation artistique et culturelle. C’est un objectif premier du Haut Conseil. Fort de ces quatre années de débat, il a mis en exergue trois grandes orientations susceptibles d’inspirer une ambition nouvelle pour la politique d’éducation artistique et culturelle.

Transmettre les fondements d’une culture humaniste.

Construire un jugement de goût personnel et critique et éveiller la sensibilité au sein des apprentissages repose sur une culture générale exigeante et toujours vivace : telle doit être l’ambition majeure de l’éducation artistique et culturelle. Eparpillées entre des disciplines scolaires qui échangent peu entre elles, entretenues par des institutions nombreuses et de nature parfois très différente, les humanités doivent pourtant se retrouver autour d’un projet éducatif et sociétal cohérent. C’est à ce prix qu’il sera possible d’éveiller le désir de se cultiver, tout en facilitant la circulation des connaissances et des compétences. Dans ces séances plénières, le Haut-Conseil a donc toujours pris soin de placer cette cohérence au cœur de ses réflexions. L’enseignement d’histoire des arts, par sa transversalité, autorise la communauté éducative à transmettre collectivement des savoirs et des méthodes qui replacent l’exploration sensible et sensée au cœur de l’éducation et dépasse le formalisme volontiers desséché des apprentissages. Ce souci de sens parcourt tout autant dans les travaux du Haut Conseil les débats conduits autour de la culture scientifique et technique que les délibérations sur la place de la littérature dans l’éducation artistique et culturelle. Véritable laboratoire pédagogique de demain, la transversalité dans le monde scolaire doit pouvoir être, à bon escient, mobilisée pour former, tant les citoyens critiques que les amateurs éclairés.

L’introduction de l’enseignement obligatoire d’histoire des arts, à toutes les étapes de la formation scolaire peut s’imposer comme le socle de cette culture humaniste. Préconisé dès 2006 par le Haut Conseil, il place ainsi l’étude des images – dominantes dans le paysage culturel de la nouvelle génération – au cœur de chaque discipline. Il est l’occasion de leur offrir des clés de compréhension pour mieux appréhender le monde qui les entoure. Son évaluation au brevet des collèges, puis au baccalauréat, est la garantie que l’art ne demeurera pas le parent pauvre de la formation des élèves. La culture humaniste doit savoir articuler en bonne intelligence mémoire et sensibilité, c’est-à-dire enrichir l’expérience esthétique des arts du présent par ses liens avec le passé, et rendre en quelque sorte familier l’étranger et étrange le plus familier. La pratique et la théorie, si elles se différencient, s’enrichissent l’une par l’autre : il s’agit tout autant de favoriser la pratique culturelle que la formation intellectuelle, tout en accordant à la pratique artistique la place de choix qui lui revient. L’accès de tout un chacun à un patrimoine et à la création contemporaine, dans un souci d’équilibre, n’a pas vocation à faire de toute une génération des artistes professionnels. Mais cette généralisation doit éveiller le désir de culture.
C’est donc aussi en associant chacun des partenaires, en répartissant l’effort entre chacun des acteurs de l’éducation et de la culture selon ses compétences, que cet objectif pourra être mené à bien. Chaque séance plénière explore par conséquent les conditions de possibilité d’une généralisation de l’accès aux disciplines en s’appuyant sur cette tradition du partenariat qui fait la spécificité du système français. Il en explore les forces, mais aussi les faiblesses, tout en reconnaissant son caractère irremplaçable : l’entrée des artistes dans l’espace scolaire tout comme la présence des enfants dans les structures culturelles demeurent des objectifs déterminants.

Découvrir les artistes de son temps.

La rencontre avec des artistes est une part essentielle de la sensibilisation aux arts. C’est pourquoi le Haut- Conseil a travaillé à faciliter et à clarifier ces rencontres. La charte nationale sur les résidences d’artistes en milieu scolaire, en cours de publication, est l’un des aboutissements de ces réflexions. Elle a fait l’objet d’un premier débat au cours de la séance dédiée à la photographie dans l’éducation artistique et culturelle. Ce débat s’est prolongé dans une série de rencontre avec les représentants des deux ministères, et a fait l’objet d’un soin particulier lors de la séance consacrée à la musique.

Les résidences d’artistes sont distinctes, mais complémentaires de la pratique artistique en tant que telle. Elles représentent pour les élèves l’occasion d’une relation directe, familière, personnelle avec les artistes. Elles créent un climat très singulier d’échange, de dialogue non réductible à la relation pédagogique. Aussi, pour l’ensemble des acteurs de l’éducation artistique et culturelle, permettent-elles d’explorer d’autres modes de transmission du goût des arts. Elles sont donc vivement souhaitées par le monde de l’art, lequel se donne aussi comme processus de création, qu’il faut pouvoir découvrir, interroger et observer avec les artistes. Sans aucunement chercher à remplacer les enseignants des arts – dont la tâche exige des compétences pédagogiques dont ils ont largement fait preuve – ni à créer un quelconque « marché parallèle » pour des artistes auquel manquerait un auditoire, la mise en place des résidences a aussi pour vocation de renforcer les partenariats entre la sphère de l’éducation et celle de la culture, tout en préservant les rôles et les identités de chacun.

Allier la théorie à la pratique, la mémoire à la sensibilité, c’est créer les conditions propices à éveiller en chacun le désir des arts et de la culture.

Mieux former les enseignants et les artistes à transmettre les arts et la culture.

La formation initiale et continue des enseignants constitue la pierre d’angle du développement de l’éducation artistique et culturelle. C’était aussi l’une des questions majeures dont le Haut-conseil a été chargé de se saisir. Les propositions formulées dans le rapport de 2007 insistaient sur l’élargissement nécessaire des dispositifs existants – certification complémentaire en histoire des arts ou en théâtre, développement des formations continues délivrées par les pôles de ressources en éducation artistique et culturelle, implication des établissements culturels et des centres de formation universitaires spécialisés (CFMI) ; en effet, les artistes eux-mêmes doivent avoir accès à une formation à la transmission, qui demeure une part essentielle du travail de création.

La réforme de la formation des enseignants devrait permettre de renforcer la formation initiale relative à l’éducation artistique et culturelle, comme d’impliquer plus fortement les départements universitaires d’histoire de l’art, d’études dramatiques ou de musicologie dans les masters d’enseignement. Plus largement, cette réforme contribuera à rapprocher le monde universitaire du monde scolaire. Elle créera notamment les conditions pour que la communauté des historiens de l’art s’engage dans l’édification d’une didactique spécifique à leur discipline. Elle fait aujourd’hui défaut et son développement conditionne largement le succès de la généralisation de l’histoire des arts à l’école. Particulièrement sensible dans cette matière du fait de sa nouveauté, la question de la didactique doit être posée pour l’ensemble des disciplines artistiques car elle est une clé majeure de développement. Il ne s’agit ici nullement de figer un savoir mais, au contraire, d’interroger les modes d’enseignement à l’aune de leur efficacité pour leur permettre de s’améliorer.
La formation initiale et continue ouvre de nouvelles possibilités à ce souci de transversalité qui, loin de remettre en cause l’excellence, doit contribuer à ouvrir l’horizon des enseignants. Il doit reposer autant sur les travaux universitaires que sur les initiatives individuelles qui auront démontré leur pertinence. Ces initiatives sont en effet une part essentielle de l’actif, et elles doivent pouvoir émerger sans entrave au sein de chaque établissement, selon l’intérêt propre à chaque enseignant porteur de projet. La formation à la direction d’un projet est ainsi essentielle, comme est déterminante la sensibilisation des chefs d’établissement : ils détiennent souvent les clés pour encourager et valoriser l’engagement des enseignants dans ce domaine. Le développement et la réussite du volet culturel des projets d’établissement, est suspendue à ces formations et ces sensibilisations. La relation entre le monde scolaire et celui des musées, des théâtres, des artistes, ne va pas de soi. Elle suppose des connaissances et des compétences techniques, mais aussi, et peut-être surtout, l’éveil d’une disposition au dialogue, parfois des contraires, qui fait souvent l’essence même de l’art.

« Nous sommes en définitive face à un choix de société. En montrant que l’art peut permettre d’accéder au savoir, que les émotions et la créativité sont une part essentielle de la culture, nous permettrons de réconcilier un grand nombre de jeunes avec l’école. Nous leur montrerons
que le monde scolaire et la vie future demeurent profondément liés par une même exigence : l’édification d’un individu autonome et responsable, capable de déployer sa créativité mais aussi de connaître et de comprendre le monde dans lequel il évolue ; l’art peut, en d’autres termes, contribuer à réconcilier le sensé et le sensible. »
Didier Lockwood

LES RESULTATS

Mettre les réflexions théoriques à l’épreuve du réel.

Le Haut Conseil s’est réuni une trentaine de fois en séance plénière depuis sa création, au cours desquelles il a auditionné près de 250 personnes.v

En 2008 et 2009, neuf séances plénières ont été consacrées à l’ensemble des disciplines artistiques : musique, éducation à l’image, littérature, histoire des arts, théâtre, danse, photographie ; l’industrie culturelle et la culture scientifique ont aussi fait l’objet d’une attention particulière.

Il a entendu de grandes figures de l’éducation artistique et culturelle tant leurs réflexions à des expériences de terrain et aux administrations : Marc Fumaroli, Françoise Dupuy, Olivier Py, Reza, Tzvetan Todorov, Jean-François Zygel, Patrick Talbot, Cyril Viallon, Eric de Chassey, Emmanuel Demarcy-Mota, Antoine Compagnon ont parmi d’autres participé aux séances du Haut-Conseil. Chaque synthèse des débats, qui portent sur des grandes orientations politiques en matière d’éducation artistique et culturelle, s’accompagne de propositions concrètes qui sont susceptibles d’être appliquées par les différents partenaires dans un domaine artistique précis. Certaines ont été reprises par la circulaire interministérielle d’avril 2008 consacrée à l’éducation artistique et culturelle. D’autres sont en cours de mise en place.

      L’inscription de l’éducation artistique et culturelle au socle commun de compétences et de connaissances, point fondateur essentiel affirmé dans le premier rapport du Haut Conseil, en 2006, a été le premier signe de réussite de ses membres. Elle garantit la pérennité d’un enseignement spécifique au sein de l’institution scolaire et reconnaît le caractère incontournable des arts et de la culture dans le cursus des élèves.
      La généralisation de l’histoire des arts à l’école, mise en place à la rentrée 2008 pour l’école primaire, et à la rentrée 2009 pour l’enseignement secondaire est le fruit d’une conviction du Haut Conseil : la sensibilité se nourrit d’une mémoire, et cette mémoire des arts imprègne chaque discipline, artistique et scolaire. Proposée en 2006, l’histoire des arts à l’école contribue à faire sens avec et par-delà les enseignements disciplinaires.
      La nomination d’un Inspecteur général d’histoire des arts, Henri de Rohan-Csermack, et d’un historien de l’art parmi les membres du Haut Conseil, Antoinette Lenormand-Romain, Directice générale de l’INHA , assurent de la qualité scientifique du nouvel enseignement. Sa forme transversale, nouvelle s’il en est dans le système scolaire, permet l’introduction et le partage de nouvelles méthodes, celles des historiens de l’art, tout en reconnaissant la spécificité de chaque discipline.
      Le renforcement des dispositifs de formation initiale et continue des enseignants en matière d’éducation artistique et culturelle est aux yeux du Haut Conseil un levier décisif pour la généralisation d’une éducation artistique et culturelle de qualité. C’est pourquoi il s’est particulièrement investi comme facilitateur entre les différents acteurs de la formation.
      Le volet culturel du projet d’établissement, rendu obligatoire par la circulaire de 2008, est l’occasion de développer des temps et des espaces dédiés à l’art, condition essentielle pour faciliter l’accès de tous aux arts et à la culture. Il est l’occasion pour chaque établissement de nouer des liens privilégiés avec les structures culturelles de son bassin, d’accueillir des artistes en résidence, en partenariat avec les collectivités territoriales, ou de mutualiser des activités culturelles avec les établissements voisins. Chaque école, collège ou lycée devient un acteur à part entière de la politique culturelle de l’Etat. En proposant de développer de nouvelles modalités de partenariat, de mettre en valeur les meilleures pratiques et de former les enseignants et chefs d’établissements à la mise en place de projets, le Haut Conseil propose aux pouvoirs publics des orientations pratiques pour mettre en œuvre ces orientations.
      Une charte nationale dédiée aux résidences d’artistes en milieu scolaire, rédigée conjointement par les deux ministères, a été proposée par le Haut Conseil. Il a été l’initiateur et le facilitateur de ce texte qui a vocation à simplifier leur développement tout en répartissant les compétences et les responsabilités de chacun. Tout en se réunissant en séance plénière régulièrement, les membres du Haut Conseil travaillent de fait au suivi de leurs propositions et à leur mise en place, et à faire connaître les bonnes pratiques et les expériences originales. Ce sont au total près d’un demi-millier de personnes qui ont été entendues en séance plénière au cours de ces quatre dernières années. L’expérience de chacun, enracinée dans un contexte particulier, permet à chaque proposition d’être confrontée à l’épreuve du réel.

De nombreux acteurs des arts et de la culture interviennent régulièrement lors des séances plénières du Haut Conseil. Parmi eux Laurent Bayle, directeur de la Cité de la Musique, Olivier Bonfait, professeur d’histoire de l’art à l’Université de Provence, Patrick de Carolis, PDG de France-Télévisions, Eric de Chassey, directeur de la Villa Médicis et professeur d’histoire de l’art à l’Université de Tours, Catherine Clément, philosophe et écrivain, Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville, Françoise Dupuy, danseuse, Marc Fumaroli, professeur au Collège de France, Alain Kerlan, professeur en sciences de l’éducation à l’Université Lyon II, Nadeije Laneyrie-Dagen, professeur d’histoire de l’art à l’Ecole Normale Supérieure, Marie Muracciole, critique d’art et responsable du département des publics du Jeu de Paume, Michel Poivert, professeur d’histoire de la photographie à l’Université Paris I, Olivier Py, directeur de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, Guy Reibel, compositeur et professeur de musique, Reza, photographe, Jean-Pierre Sarrazac, professeur à l’institut d’études théâtrales de l’Université Paris III, Bernard Stiegler, philosophe, Patrick Talbot, directeur de l’école de la photographie d’Arles, Tzvetan Todorov, Cyril Viallon, danseur et chorégraphe, Jean-François Zygel, compositeur, improvisateur et pédagogue.

LES CHANTIERS

Poursuivre la généralisation

En proposant de nouveaux modes de transmission des arts, tout en invitant à développer les dispositifs déjà existants, les travaux du Haut-Conseil ont contribué à renforcer les politiques d’éducation artistique menées par les pouvoirs publics. Pour approfondir leur mise en œuvre, il a ouvert de nouvelles pistes de réflexion qu’il aura à cœur de soutenir dans les prochaines années.

Poursuivre la mise en œuvre de l’enseignement d’histoire des arts.

Le Haut-conseil entend poursuivre son action dans la continuité en donnant la priorité à l’accompagnement des réformes qu’il a pu inspirer. En particulier, l’articulation en bonne intelligence de l’enseignement transversal d’histoire des arts avec les arts plastiques demeure un souci constant : il veillera à ce que l’enseignement théorique et l’apprentissage pratique puissent trouver leur équilibre, en favorisant le dialogue entre la communauté des historiens de l’art et celle des plasticiens, dont la tradition intellectuelle, différente, s’est parfois opposée. Une séance plénière consacrée à ce sujet est d’ores et déjà programmée au printemps 2010. Cette articulation, qui reste sa priorité, se manifeste dans le soutien qu’il apporte aux dispositifs de formation des enseignants et à leur déclinaison à l’échelle territoriale. Il suivra plus spécifiquement le développement des Plans Académiques de Formation dans l’Académie de Créteil, qui s’est montrée très innovante sur les projets d’éducation artistique et culturelle. Plus largement, il s’agira de faire remonter les bonnes pratiques qui naissent sur le terrain, adaptées aux contextes dans lesquels elles se déploient. Il sera tout aussi attentif au regard que portent les artistes sur ces enseignements et sur les projets qui en découlent. Didier Lockwood, le Vice-président du Haut- Conseil, a ainsi proposé que chacun des établissements innovants, au sein des Académies, soit parrainé par un artiste de renommée nationale ou internationale qui soit à même de les soutenir, de les guider, et de les aider dans leur recherche de financements.

Favoriser l’accès de chacun au spectacle vivant.

L’éducation aux arts dans leur historicité doit aussi prendre en compte le spectacle vivant. À cet égard, une attention doit être portée à l’histoire de la mise en scène, les études dramaturgiques, et le texte théâtral dans sa spécificité. Mais elle doit pouvoir être articulée à des parcours spécifiques, dans lesquels chaque élève peut trouver sa place, au sein de parcours spécifiques qui, en amont comme en aval, les prépare au spectacle auquel ils iront assister dans l’établissement culturel partenaire. En 2007, le Haut-Conseil avait appelé à développer les « sorties de classe » dans les musées, les théâtres et les salles de concerts, qui soient distinctes de sorties récréatives. Il a suivi en observateur en 2009 la rédaction d’un projet de charte « d’école du spectateur » par un groupe de travail constitué d’associatifs et d’acteurs culturels. Et il soutient, plus largement, la mise en place d’un dispositif d’accompagnement des élèves au spectacle vivant, qui prendrait aussi en compte les singularités et les disparités territoriales. Le souci de favoriser l’accès de tous aux arts vivants dans le parcours scolaire s’appuie aussi sur la nécessité de proposer des formations spécifiques à ceux qui ont le désir d’approfondir leur maîtrise des arts vivants. Ainsi, la répartition des compétences entre les établissements d’enseignement relevant de la tutelle du Ministère de la Culture et les établissements scolaires doit pouvoir être plus visible. Elle s’accompagne, pour les conservatoires et les écoles de musique, d’une attention portées à leurs pratiques pédagogiques. Le Haut-Conseil, en organisant une séance plénière sur l’éducation musicale en juin 2009, a soutenu la réforme en cours des conservatoires et souhaite contribuer à la création de nouveaux outils pédagogiques pour que la formation qu’ils délivrent corresponde aux attentes de publics diversifiés, tout en leur offrant la possibilité de découvrir d’autres mondes musicaux.

Engager une réflexion de grande ampleur sur l’accès aux œuvres facilité par leur numérisation.

Il s’agira enfin de faciliter la généralisation de l’éducation artistique et culturelle en explorant les possibilités d’un accès de tous aux œuvres d’art. À ce titre la libération des droits pour motifs pédagogiques est l’une des préoccupations majeures du Haut-Conseil. Enjeux essentiels au regard des disparités territoriales, notamment pour les établissements situés en zone rurale, les reproductions permettent à chacun le contact avec les œuvres d’art. L’accès en toute régularité aux œuvres, qui doit s’accompagner d’outils pédagogiques adéquats, permettra en outre une éducation au respect des conditions de leur production, et une découverte de créations originales à condition que cet accès soit en adéquation avec les moyens qui peuvent être mis en œuvre par les institutions. Une réflexion sera menée avec les acteurs publics et privés de diffusion des œuvres. La convention cadre signée avec la RMN ouvre de fait de nouvelles perspectives à ce sujet. La numérisation du patrimoine culturel s’inscrit dans ce souci de rendre visible les richesses du patrimoine et de la création en France ; elle doit pouvoir faire l’objet d’un approfondissement théorique et pratique et être reliée à des dispositifs pédagogiques sur lesquels se concentreront les attentions des membres du Haut-Conseil. Elle est aussi un moyen de prendre acte des nouvelles pratiques culturelles, et notamment la « culture de la chambre », en offrant d’autres ressources et des outils d’analyse aux digital natives, dont l’accès à la culture passe en priorité par des moyens de communication numériques. La séance plénière d’avril 2009 consacrée aux jeux vidéo a mis au jour la nécessité de mieux diffuser l’histoire et les analyses de ces pratiques, en tenant compte de la spécificité de l’outil vidéoludique dont l’effet peut être distinct de son contenu.